25.12.2009
Le monde à l'envers (chronique)
Les escargots, lorsqu'on les taquine, ont un système de défense rudimentaire, mais rudement efficace : ils se replient sur eux-mêmes et se réfugient dans leur coquille sans demander leur reste. Nous avons tous fait cette expérience, au moins une fois dans notre vie. Les escargots à l'ail, c'est drôlement bon, mais il y a parfois tant d'ail qu'on se demande quel peut être le vrai goût des escargots. Et puis l'ail, il vaut mieux se brosser les dents avant d'aller dire bonjour aux gens. Heureusement il y avait peu d'escargots à l'ail dans nos repas de Noël. Par contre, il y avait de la dinde. Avec tant de farce qu'on pouvait parfois se demander quel peut bien être le vrai goût de la dinde. Et puis il y avait des cadeaux, bientôt revendus sur ebay. Noël c'est aussi, on l'oublie trop souvent, la naissance du petit Jésus. Le petit Jésus, mine de rien, pour ceux qui y croient, c'est un dieu qui s'est complètement vidé de lui-même pour aider les autres, en particulier les plus démunis. On a cru longtemps (la litote) que le système financier allait retenir les leçons de la crise. On nous annonçait plus d'éthique, une économie réelle à dimension humaine. Somme toute il y avait du petit Jésus derrière tout ça. On se doutait bien que les banques n'allaient pas faire dans le social, faut pas rêver, mais on pouvait espérer les voir faire leur business décemment. En vérité les banques tiennent plus de l'escargot que du petit Jésus. Elles ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à se réfugier dans leur coquille lorsqu'on les taquine. Voilà sans doute pourquoi dernièrement elles ont demandé la mise en liquidation d'une firme, Decto pour ne pas la citer, qui aurait pu continuer ses activités grâce à la loi sur la continuité des entreprises. Préférant jouer la sécurité financière à court terme plutôt que de soutenir une activité économique. Condamnant une victime d'une crise dont elles sont en partie responsables. Augmentant la charge de l'Etat en envoyant des types au chômage alors qu'elle ont elles-mêmes bénéficié d'une aide substantielle. Pas de cadeaux pour Noël , donc, de la part d'ING et de BNP Paribas Fortis. L'argent n'a pas d'odeur dit-on, mais parfois il peut avoir le goût de l'ail. Et il y a des salariés qui sont en droit de se demander, en recevant leur pécule cet hiver, si dans toute cette affaire on n'a pas voulu en faire les dindons de la farce. Joyeux Noël.
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